En mai 2010 j'ai initié la création d'un rucher dans ma résidence de la rue de reuilly à Paris. Je me suis tout d'abord formé "sur le tas" en assistant JJ Schakmundes qui gérait notre rucher. Rapidement passionné, j'ai eu envie d'aller plus loin en suivant la formation du Lycée Agro-environnemental de Tilloy et en faisant un stage chez mon ami Yves Rondelet en Bourgogne. Aujourd'hui, je commence à proposer des initiations à l'apiculture urbaine et des mises en place de ruchers. Une activité complémentaire et cohérente à celles de mes autres casquettes de consultant-formateur en développement durable, maître-composteur spécialiste du compost en pied d'immeuble et permaculteur ...

jeudi 28 juillet 2016

WWoofing au Rucher du Grand Lubéron


C’est à la gare de Pertuis que Florence vient m’accueillir le 14 juillet au soir. Direction Cucuron. En chemin elle me raconte comment elle est venue à l’apiculture. En fait c’est l’inverse, c’est l’apiculture qui est venue à elle… à l’âge de 23 ans : un essaim s’est posé dans son jardin et voir un apiculteur venir cueillir cet essaim lui a donné envie d’en faire un hobby puis à partir de 1999 un métier. Elle et son compagnon Thierry ont passé un BPREA apiculture à Hyères avant de quitter leur emploi respectif et de se lancer dans l’aventure professionnelle. Ils ont désormais prés de 400 ruches et produisent en bio différents miels : lavande, garrigue dans des ruchers installés dans la région ainsi que châtaignier et acacia dans des ruchers implantés en Isére, dans l’Ain et la Drôme, ce qui leur demande de faire des transhumances … L’hiver leur laisse plus de temps pour transformer également une partie de leur miel en pain d’épices, nougat, florentin et sirop de thym au miel. Leur production est vendue pour partie chez des revendeurs, sur différents marchés et en vente directe. Les clients peuvent même acheter du miel en leur absence grâce à un distributeur automatique installé à l’entrée de leur miellerie. Après le tour du propriétaire et avoir rencontré toute la famille, on dîne et le mistral qui souffle finit de m’assommer pour une bonne nuit roborative dans le mobil home qui sera mon logement pour la semaine.

Vendredi Mais ce n’est pas avec Florence et Thierry que je passerai ma première journée de ce wwoofing. En effet, ces derniers doivent ramener des ruches de l’Ain et leur camion ne disposant que de deux places je ne peux participer à cette transhumance. Je n’y perds pas au change car je vais passer une journée chez un de leur collègue apiculteur, Jean-Luc, en compagnie de Marie qui est alternativement en stage chez lui et chez Florence et Thierry. C’est donc Marie qui m’emmène au Jaz des abeilles où nous passerons la matinée à greffer des larves d’abeilles sur des cupules puis à les incorporer à des ruches pour que les abeilles les élèvent et doncc les nourrissent afin de récupérer la gelée royale qui est une des productions de Jean-Luc. Le repas est l’occasion de visiter non seulement sa superbe miellerie mais également sa maison écologique passive (ossature bois et bottes de paille, phytoépuration, toilettes séches, …). L’après-midi nous irons vérifier dans un autre rucher l’acceptation de reines introduites il y a quelques jours et en profiterons pour faire un traitement à l’acide oxalique (contre le varroa) de ces ruches.

Samedi Le matin je prépare des ruchettes en prévision de la création d’essaims que nous ferons la semaine prochaine : nettoyage et grattage de la ruchette, incorporation de cadres construits ou de cadres neufs ainsi que d’une partition. Vers midi la chaleur me stoppe dans mon labeur, direction la piscine pour un plouf réparateur suivie d’un bon repas et d’une bonne sieste. Dans l’après-midi je donnerai un coup de main à Thierry pour l’étiquetage du sirop au thym et au miel qu’il a embouteillé la veille. Nous fabriquons également des florentins miel-amandes-raisins pour la foire au miel à laquelle il se rend le lendemain.

Dimanche Comme deux bons chineurs nous partons aux aurores avec Florence au vide-grenier de Cucuron, l’occasion pour moi de découvrir le charme de ce petit village médiéval du Grand Lubéron, ses petites ruelles, son étang entouré de platanes, …  Au retour je continue de préparer « mes » ruchettes jusqu’au déjeuner. En fin d’après-midi nous allons vérifier que les cellules royales en élevage se portent bien.

Lundi Nous partons à 4 avec un chargement d’une cinquantaine de ruchettes. L’opération de ce matin consiste à prélever sur un rucher, sans prendre la reine, quelques cadres avec du couvain à des ruches existantes. L’après-midi nous transportons ces ruches orphelines sur un autre rucher et les cellules royales y sont introduites en espérant que les abeilles acceptent cette nouvelle reine qui va naître dans les jours à venir. J’ai la mission de nourrir ces nouvelles colonies avec du sirop (mélange sucre bio et eau). Le soir je vais passer la soirée chez un collègue « composteur » et jardinier émérite qui habite, heureux hasard, à Cucuron

Mardi En matinée je pars avec Florence réintroduire d’autres cellules royales et « secouer » les abeilles des ruches orphelines ou bourdonneuses qui ne pourront passer l’hiver, ces abeilles rejoindront un autre ruche du rucher. Une fois tout ce matériel ramené, classé et rangé j’ai encore le temps de passer humer l’ambiance estivale du marché de Cucuron où je vais même rencontrer un voisin de mon immeuble ! Dans l’après-midi j’accompagne Thierry à Lourmarin pour un marché des producteurs. Toujours intéressant de voir la fin du cycle économique d’un métier et l’ambiance des marchés, de l’autre côté du décor, est sympathique.

Mercredi Le matin, je mets en pots pendant quelques heures du miel de châtaigner. Rien de fastidieux grâce à la pompe doseuse bien calibrée. L’après-midi, je pars avec Thierry pour un moment fort de cette semaine : une transhumance. Nous allons dans Drôme récupérer une vingtaine de ruches. Après 3 heures de route nous picniquons dans le rucher et faisons une pause en attendant que nos amis les avettes soient toutes rentrées dans leur maison pour charger les ruches sur le camion. A nouveau 3 heures de route dans l’autre sens et vers une heure du matin, nous déchargeons et installons, en plein cœur d’une forêt, à lueur d’une lampe frontale, les ruches sur leur nouvel emplacement.

Jeudi Et c’est déjà la fin de cette semaine super riche en expérience, en apprentissage mais également, et c’est ce qui fait le sel du wwofing, en rencontre. C’est toujours émouvant de quitter une famille qui vous accueilli comme l’un des siens. Mais la prochaine ferme m’attend … direction les Cévennes.

mardi 10 mai 2016

Essaim de chantier

Nouvelle cueillette atypique d'essaim hier aprés-midi ... sur un chantier dans le 19ème à Paris

vendredi 6 mai 2016

Un essaim à Pigalle

Le Bar à Bulles de la Machine (Ex Locomotive) m'a appelé ce midi pour venir récupérer un essaim d'abeilles qui s'était installé sur un arbuste de leur terrasse. Une nouvelle colonie va ainsi s'installer dans le rucher du 107.

mardi 8 septembre 2015

Mon portait dans "Un apiculteur, une apiculture"

L'association Gare aux Abeilles vient d'éditer "Un apiculteur, une apiculture", trentaine de témoignages d'apiculteurs ... dont le mien à lire ici.

Ces portraits illustrent la diversité des activités économiques, environnementales ou scientifiques qui existent grâce à l’abeille et aux produits de la ruche.

Apiculteurs amateurs ou professionnels, à la campagne ou en ville, scientifiques, politiques, entrepreneurs, artistes, associations s’expriment librement sur leurs actions et leurs visions de l’apiculture.



lundi 27 juillet 2015

Un Beau Wwoof à Belle-Ile

De retour d'une semaine de wwoofing au Rucher de l'Abeille Noire à Belle-Ile où Quentin conduit 150 ruches en bio. Partage de connaissances et belle rencontre, le récit à lire ici.

dimanche 28 septembre 2014

Miel de Paris


Il est beau, il est en pot le miel du 107, récolté il y a deux semaines et mis en pot ce week-end par les locataires de l'immeuble dans lequel est installé le rucher que j'anime. 

lundi 8 septembre 2014

Diviser pour mieux régner ?


Début Août nous avons prélevé quelques cadres de couvain et de miel dans une ruche bien vaillante et populeuse pour les installer dans une ruchette (au milieu sur la photo). Nous venons de faire une visite de contrôle et, comme espéré, les abeilles orphelines ont élevé une nouvelle reine qui a commencé à pondre, nous avons donc ainsi une nouvelle colonie !

mardi 29 juillet 2014

Wwoofing à la miellerie Vivier

Je rentre d'une semaine de wwoofing chez Stéphanie et Martial Vivier qui conduise un élevage de 80 ruches au Gouray en Bretagne. L'occasion de continuer à se former en pratiquant de façon intensive récolte, transhumance et élevage. Le récit de la semaine à lire ici.

lundi 26 mai 2014

Non mais Allo, SOS abeilles !

Lorsque vous m'appelez pour cueillir un essaim d'abeilles ... il est important de préciser votre observation ... car  il s'agit parfois en fait d'un nid de guêpes ou le plus souvent d'abeilles solitaires et sociales qui creusent leur nid dans le sol, l’installent dans des arbres creux ou dans des galeries qu’elles forent dans le bois mort, ou encore les façonnent avec de la résine ou de la boue mélangée de cailloux. 

Hier c'était en fait un nid de bourdons dans un tas de feuilles sur un balcon ;(

dimanche 4 mai 2014

Cueillette d'essaim

 

A l'heure du déjeuner en ce dimanche ensoleillé de mai, je reçois un appel d'un particulier qui vient de découvrir un essaim d'abeilles sur son balcon. Une heure après me voici dans le 19ème en train de faire tomber l'essaim en question dans ma ruchette. Le temps de boire un café et les avettes ont pratiquement toutes rejoint leurs copines. Il est alors possible d'embarquer la ruchette vers mon rucher et d'enrucher cet essaim.

jeudi 13 septembre 2012

mercredi 15 août 2012

Une semaine chez des apiculteurs sans frontières

Je connaissais l’apiculture familiale au travers de la conduite des 4 ruches installées dans le jardin de ma résidence. J’ai suivi en juin dernier une formationd’une semaine à l’apiculture mais j’avais envie de découvrir le quotidien d’une exploitation apicole de plus grande envergure… C’est ainsi que je me retrouve en ce début du mois d’août en gare de Chalon-sur-Saone où YvesRondelet et son épouse, apiculteurs m’attendent. 
Mes hôtes apiculteurs 
Dans les années 70 un beau-frère offre à Yves une ruche, … la passion lui vient rapidement car 4 ans plus tard il en a déjà 80 et se souvient de cette récolte légendaire de plus de 10 tonnes ! Il en fera une activité complémentaire à son métier de professeur d’histoire géographie (à la retraite aujourd’hui). 
Yves va tomber également sous le charme de l’Afrique …et de son apiculture. Après plus d’une quinzaine de voyages dans différents pays de l’ouest de ce continent il a soutenu en 1996 une thése de doctorat de géographie sur « Le miel de l’Afrique de l’Ouest ». 
C’est aussi en Afrique qu’il a rencontré Pascaline, princesse d’un ancien royaume, qui est devenue son épouse il y a quelques années. Braver les abeilles africaines (plus agressives que les européennes) est d’habitude l’apanage des hommes valeureux, parfois un rite initiatique mais cela n’arrête pas Pascaline. Ils partagent leur vie entre la France et le Burkina Fasso où ils conduisent des ruchers en Bourgogne autour de leur miellerie de Fragnes(71) et Bobo-Dioulasso. Yves est également engagé dans différentes associations faisant la promotion de l’apiculture dans les pays en développement, il est par exemple vice président d’Apiculteurs sans frontières et d’Apiflordev. 
Récolte « commando » 
Mais revenons à nos ruches bourguignonnes. La première après-midi fut une mise en condition champêtre : enruchement d’une colonie d’une ruchette et visite de différents rûchers pour confirmer que la récolte pouvait commencer. 
Le lendemain, finies les visites bucoliques, place au commando de récolte. Après avoir enfilé nos combinaisons et gants, direction le premier rucher. Après une courte période d’observation je trouve ma place dans le trio et chacun alterne enfumage, ouverture de la ruche, soufflage des abeilles et portage des hausses au camion. Nous enchaînons les ruchers et ramenons le premier jour près de 60 hausses. 
Au cours de ma semaine d’immersion j’aurai ainsi l’opportunité de visiter et récolter, dans un rayon d’une trentaine de kilomètres, les différents ruchers de mes hôtes dans lequels sont installées plus de 200 ruches. Yves développe une vision sur un aménagement apicole idéal pour ses protégées. En effet, la plupart de ses ruches sont situées sur des terrains dont il est propriétaire sur lesquels il plante depuis des années moult arbres et plantes mellifères afin d’améliorer la bio-diversité, d’augmenter et d’améliorer la nourriture potentielle de ses avettes. 
Après trois journées de récolte à ce rythme il nous faut penser à extraire le miel. Rendez-vous donc dans la miellerie où nous désoperculons les hausses d’un coup de lame expert et les plaçons dans l’extracteur. Les mains sont plus que collantes mais quel plaisir de se lécher les doigts de ce miel « toutes fleurs » avant de se laver les mains pour passer à la mise en pot. Même si le rythme est rapide, c’est un moment propice à la discussion, une sorte d’arbre à palabres : nous parlons d’apiculture bien sûr mais aussi de nos vies personnelles et de l’Afrique dans laquelle je voyage chaque soir en lisant une partie de la thèse d’Yves et en dégustant la cuisine de Pascaline (bissap, tô, …). 
La semaine est finie, j'emmène dans mes bagages différents pots de miel qui seront mes m adeleines de Proust jusqu'à peut-être une prochaine visite au printemps ? 

lundi 2 juillet 2012

Don't Warré, be happy-culteur !

Le compost est pour moi une boite de pandore … Après avoir initié un compost collectif au pied de mon immeuble à Paris il y a 4 ans, un jardin partagé a pris la suite logique du projet et enfin quelques ruches y ont été installées. Même si l’apiculteur qui conduit notre rucher m’initie progressivement à la pratique à chacune de ses visites, ces dernières sont trop peu fréquentes par rapport à mon appétit d’apprendre. Aussi ai-je décidé de m’inscrire à une formation d’une semaine d’initiation à l’apiculture.
C’est comme cela que je me retrouve en ce lundi de juin au lycée agro-environnemental de Tilloy les Mofflaines dans la banlieue d’Arras (62). Si le lycée est public, ma chambre d’internat est quelque peu monacale, peut-être un signe inconscient des religieux qui ont beaucoup œuvré et écrit sur l’apiculture* ;-) La cloche sonne et nous sommes accueillis par Sébastien, notre formateur. Il enseigne l’apiculture en formation continue et de façon plus générale la biologie dans ce lycée, il est bien entendu apiculteur amateur lui-même sans parler de sa participations aux activités du syndicat et du Groupement de Défense Sanitaire Apicole de la région.
Cette formation va pratiquement être du cours particulier puisque nous ne sommes que 6 stagiaires avec pour le moins des profils très différents, du néophyte complet aux amateurs plus ou moins éclairés et pratiquants qui ont déjà mis un peu la main à la … ruche mais souvent en étant accompagné. Ainsi Fanny est une future maraîchère bio qui souhaite compléter son activité d’un atelier rucher ; Lucien est un soudeur de métier et colombophile de passion, il vient d’acheter un terrain sur lequel traîne une ruche et comme il a lu que la propolis permettait de soigner naturellement les oiseaux … Olivier est employé d’une entreprise qui a installé des ruches sur son patrimoine et enfin Jean-Yves et Sophie enseignent dans le lycée agricole qui organise la formation. Jean-Yves a contracté le virus de cette passion au contact de Sébastien notre formateur notamment à l’occasion d’un voyage humanitaire apicole à Madagascar, Sophie a elle déjà 4 colonies à la maison. Notre objectif commun après cette semaine : pouvoir conduire un rucher en autonomie.
Jour 1 Notre formation alternera théorie chaque matin et pratique l’après-midi. Dés le premier matin on découvrira la biologie de base de nos nouvelles amies : anatomie, cycle évolutif, organisation de la colonie, différentes races, … Le rythme est soutenu, on en oublie la pause et c’est bien tard que nous allons déjeuner où la formation continue dans des discussions informelles et déjà passionnées. Bref, c’est peu dire que les stagiaires sont motivés ! Mais place à  la pratique, après avoir enfilé nos protections et embarqué le matériel, destination un verger où un rucher a été installé pour, au-delà de la récolte de miel, favoriser la pollinisation de ses arbres fruitiers. L’enfumoir allumé préviendra les abeilles que nous arrivons, on dit parfois également qu’il rassure l’apiculteur ;-) Voici enfin le moment magique de l’ouverture de la ruche. Quel envoûtement que le vrombissement de la colonie qui suit le jet de fumée blanche. Après quelques minutes, l’appréhension se maîtrise progressivement, enhardi j’enlève mes gants car comme tout bon jardinier qui veut sentir sa terre, ici toucher et délicatesse des gestes sont importants. Nous mettons des images sur la théorie du matin : de l’œuf au couvain, réserves de pollen et de miel, … Nous nous amusons à prendre en mains les faux bourdons parmi les abeilles. Comme un bon cavalier doit tomber mille fois, un apiculteur se fera piquer de nombreuses fois avant d’atteindre le Graal de saint Warré*. C’est fait, j’enlève le dard, la piqure est presque un baptême initiatique.
Jour 2 Ce matin mon doigt a un peu gonflé mais je suis fier de ma blessure de guerre qui prouve ma bravoure de la veille ;-) Le calendrier apicole est au programme de ce matin. Eh oui conduire un rucher n’est pas une sinécure, les abeilles domestiques demandent suivi et soins tout au long de l’année. Notre enthousiasme et notre curiosité ne sont pas émoussés. Les questions fusent, difficile pour le formateur de contenir toutes les demandes sur des points qu’il est prévu d’aborder dans les jours à venir. L’après-midi dans un autre rucher passe vite et pourtant nous avons ouvert une dizaine de ruches, analysé leur état (bourdonneuse, orpheline), cherché, parfois trouvé et marqué la reine, réintroduit des cellules royales , …  Nous sommes comblés de voir tous ces cas de figure. Pas de piqûre aujourd’hui mais je me suis brûlé le pouce sur l’enfumoir, le métier rentre ! Et comme hier déjà, ce soir je sens la fumée comme si j’avais passé ma journée devant un feu de bois. C’est bien fatigué et des images d’abeilles plein la tête que je vais tomber dans les bras non pas de Morphée mais d’Apis mellifera mellifera.
Jour 3 L’élevage de reines et les règles d’implantation du rucher sont au menu du matin. Nous visitons l’après-midi un nouveau rucher dont certaines ruches sont suspectées de pathologie. Le rapport de visite de la première ruche est parfait, du couvain en masse, du pollen à revendre (nous en récupérons d’ailleurs dans la trappe adhoc), du miel en stock et une grande activité dans laquelle nous repérons quand même la reine qui sera marquée. Les visites des 4 autres ruches déboucheront sur le constat de la présence d’un virus. Comme tout animal l’abeille peut aussi souffrir de maladies. Voici un beau cas d’école un peu en avance sur notre cours sanitaire. Les ruches malades vont être emmenées pour être mis en quarantaine afin d’éviter la contagion. Avec un peu de chance les avettes arriveront à combattre seules la maladie et surviveront car à ce jour point de médicament pour soigner ce mal. Au retour à la miellerie tout notre matériel sera désinfecté au chalumeau, à l’eau de javel, à l’alcool …
Jour 4 Une matinée de bon goût puisqu’il sera question des produits de la ruche. Pollen, gelée royale, propolis et bien évidemment miel. Après avoir abordé la constitution de ces produits, leur récolte, conditionnement et commercialisation nous dégusterons différents miels : du plus local produit sur le site de Tilloye aux plus lointains (un miel de litchie et un autre de framboisier en provenance de Madagascar), du plus solide (un miel de colza) au plus liquide en passant par un crémeux (du Queyras), quelle abnégation que celle de l’élève apiculteur ! L’après-midi se déroulera à la miellerie où nous découvrons le matériel de récolte et de conditionnement (bac de désoperculation, maturateur et extracteur). Comme tous les greniers, celui de la miellerie ne manque pas de ressources. Après avoir passé en revue les nombreux modèles de ruches existant (Dadant, Warré, Langstroth sans parler de quelques antiquités), place à l’atelier bricolage pendant lequel nous filons des cadres puis y fixons des plaques de cire gaufrées en y faisant circuler un courant bas voltage.
Jour 5 Dans cette ultime journée il sera question des différentes pathologies auxquelles peuvent être confrontées les colonies. Sur les 29 agents pathogènes qui agressent nos amies, un seul, le varroa, peut être traité avec un médicament. Mais comme le dit Sébastien, on gère le varroa mais on ne peut l’éradiquer. Loque américaine et européenne, mycose, nosémose et fausse teigne finissent de nous refroidir un peu mais nous comprenons également que mieux nous nous occuperons de nos colonies et plus elles auront la capacité d’y résister. Avant de se quitter pour aller mettre en application notre apprentissage nous irons enrucher 2 colonies et disperser les habitantes d’une ruche bourdonneuse.
Une semaine riche en émotions et sensations. La découverte d’une organisation sociale et d’une intelligence collective dont nous avons sûrement à apprendre … mais aussi celle d’un animal aussi mystérieux qu’attirant que Michelet qualifiait de « pontife ailé de l’hymen des fleurs ».
*L’abbé Warré a écrit le traité « L’apiculture pour tous » et a donné son nom à un type de ruche encore appelée « ruche populaire ». Frère Adam a créé une race hybride la Buckfast.
nb : je vous recommande ce livre qui vient de sortir : «Une vie pour les abeilles», un échange entre Henri Clément, apiculteur cévenol et porte parlole de l’Union Nationale de l’apiculture française, et le journaliste Philippe Bertrand.
Photo 1 Copyright Anne-Lore Mesnage 

lundi 2 mai 2011